Les vagues

Publié le par Opale

Pendant ma sortie confinée autorisée par moi-même au titre du test de confort des bancs amiénois , j’avais en tête la métaphore des vagues pour mes émotions. 
Puis mon petit cerveau qui depuis qu’il est en thérapie adore faire des liens a vu l’expression " ne pas faire de vagues " le traverser . Ah oui tiens , s’il y a bien une chose qu’on m’a inculquée c’est de ne surtout pas faire de vagues .

Et pourtant , les vagues...elles sont incessantes .

Une belle fleur à admirer ? Une petite vague douce , légère , rafraîchissante...

Un chanteur aimé et envolé ? Une vague intense , à la fois douce et douloureuse , larmorieuse...non ça n’existe pas , je sais .

Un enfant qu’on voit rire en jouant avec ses parents ? Une vague souriante , attendrie , un petit clapotis puis au détour d’un souvenir , d’un manque , d’une comparaison, une vague plus violente , plus sournoise . La laisser passer , accepter...sentir la vague , ne pas oublier de respirer , revenir au clapotis...

Une église depuis mon coeur d’athée ? Des tas de vagues de toutes tailles , face à la beauté , à l’immensité, des années , de l’édifice ...Une vague mystique...et si , et si ils m’entendaient ? Ils au pluriel . Pas un Dieu ni son fils non . Ils : mon père , mon frère , qui eux voyaient bien autre chose que moi dans une église .

Des paroles de chanson dans la tête là sur ce banc ? Chantonner et sentir la vague...en avoir un peu peur...avoir peur des vagues qui ne cessent jamais , peur de l’eau qu’elles font couler sur mes joues sans m’en donner la raison .

Des mots prononcés par une voix de confiance ? Un vague " tsunamesque" qui donne froid , qui emporte , qui fait peur , est-ce la vague qui me noie ou le souvenir d’une autre vague , de tant d’autres vagues qu’il ne fallait pas " faire "...

Face aux vagues , aux vraies vagues , celle de la mer que je ne me lasse pas de voir et entendre avancer et reculer sur les galets , ce sont des dizaines de vagues...se laisser emporter par elles , dans un sourire , dans des larmes , dans un sentiment d’éternité , une vague de 10 secondes de " c’est magnifique " suivie d’un " j’ai tellement mal dedans " puis d’un " je vais y arriver " puis d’un mélange indescriptible de tout cela à la fois .

La clé , ma clé pourrait être d’apprendre à ne pas se laisser noyer par des vagues trop fortes , emporter oui , doucement , avec ou sans aide selon la force des vagues . Noyer non...

Ces derniers jours les vagues sont fortes et violentes , une vraie tempête dans ma tête , encore une fois . Elles se succèdent à une vitesse vertigineuse, à peine le temps de sentir celle qui me dit que ça va aller , que je vais tenir , que je vais flotter , qu’aussitôt, très réellement moins de cinq minutes après , une autre me dit que c’est fini , qu’il est temps de se laisser emporter , pour toujours , se noyer . Le grand huit version maritime ...

Je n’ai pas de certitudes dans la vie je crois , aucune réelle certitude . Mais juste peut-être un conseil : tentez de refuser de " ne pas faire de vagues " . 

 

 

 

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